Post‑acheminement : comment optimiser la livraison finale ?
En Europe, le dernier kilomètre n’a jamais été aussi coûteux : il représente jusqu’à 53 % du coût total d’une expédition, selon les études sectorielles 2024-2025. Et pour cause, la logistique du « last mile » évolue dans un contexte concurrentiel où les clients sont toujours plus exigeants sur les délais de livraisons, la traçabilité et l’efficacité. À cela s’ajoutent la congestion urbaine et la pression réglementaire sur les émissions carbone. Le post-acheminement devient alors l’un des segments les plus sensibles, et donc les plus stratégiques, de la chaîne d’approvisionnement. Les responsables supply chain cherchent aujourd’hui à reprendre le contrôle de cette phase finale grâce à l’optimisation des itinéraires, à la synchronisation port-aéroport-entrepôt, à la digitalisation et à la data-logistique.
Mais qu’est-ce que le post-acheminement ? Pourquoi pèse-t-il autant sur les coûts, les délais et la performance en 2025 ? Comment l’optimiser efficacement ? Dans ce guide complet, Shiptify répond.
Comprendre le post‑acheminement dans la chaîne logistique
En logistique, plusieurs termes renvoient à cette notion : on-carriage, last mile, livraison finale ou encore dernier kilomètre.
Qu’est-ce que le post‑acheminement ?
Le post-acheminement désigne la dernière phase de transport de marchandises. C’est le trajet effectué du dernier hub (port, aéroport, entrepôt central) jusqu’au destinataire final (entrepôt secondaire, un point de retrait, magasin, d’un client final, etc.).
De manière générale, le post-acheminement est assuré par camion, mais il peut aussi recourir à d’autres modes de transport (ferroviaire, fluvial, cyclo-logistique, mixte) lorsque les infrastructures le permettent.
Définition : la cyclologistique désigne l’utilisation de vélos-cargo, triporteurs ou vélos à assistance électrique pour assurer la distribution finale en ville. Cette solution est aujourd’hui considérée comme l’un des modes les plus efficaces et les plus durables du dernier kilomètre. Selon l’ADEME, elle permet :
- de réduire jusqu’à 90 % les émissions par rapport à un utilitaire thermique ;
- de livrer en ville 30 % plus vite grâce à la fluidité de circulation ;
- de diminuer fortement le bruit et l’occupation de l’espace public.
Quelle est la différence entre pré‑acheminement, transport principal et post‑acheminement ?
Il est important de rappeler que le post-acheminement est une étape distincte du processus logistique. Ce n’est pas un simple prolongement du transport principal.
Découvrez notre article dédié au pré-acheminement.
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Segment |
Description / rôle |
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Pré-acheminement |
Transport depuis le fournisseur ou l’expéditeur jusqu’à un hub ou un terminal de collecte et de consolidation, c’est le « premier kilomètre ». |
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Transport principal |
Trajet longue distance (maritime, ferroviaire, aérien ou routier) entre deux hubs logistiques, c’est le cœur de la chaîne de transport. |
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Post-acheminement |
Livraison depuis le terminal ou le hub final jusqu’au destinataire final, c’est l’ultime maillon de la chaîne logistique, le « dernier kilomètre ». |
Pourquoi le post‑acheminement, est‑il stratégique ?
Le post-acheminement fait face aux enjeux logistiques classiques, mais avec un niveau de complexité supérieur en raison de leur cumul à la fin du processus de livraison.
Des coûts élevés
Le dernier kilomètre est régulièrement identifié comme le segment le plus coûteux de la chaîne d’approvisionnement. Il représente entre 20 et 50 % du coût total de livraison, d’après plusieurs études. En effet, ce poste génère des coûts cachés : transport à vide, retour de marchandise en cas d’échec de livraison, groupage/dégroupage, expéditions fragmentées, parfois de manière superflus, re-planification, etc.
Complexité opérationnelle
Multipoints de livraison, densité urbaine, variations de volumes, fluctuation des flux… les contraintes logistiques s’accumulent à mesure que les colis se rapprochent de leur destination finale. Les retards et dysfonctionnements en amont (pré-acheminement et transport principal) complexifient davantage la planification du dernier kilomètre. De ce fait, une visibilité fine et en temps réel sur l’ensemble de la chaîne devient indispensable pour coordonner les différents acteurs et anticiper les aléas.
Autre enjeu qui exige beaucoup de vigilance : l’essor de la multimodalité qui implique de combiner différents types de transport (route, rail, cyclo-logistique et parfois fluvial). Cela impose une coordination renforcée pour garantir fluidité et ponctualité.
Impact RSE
En milieu urbain, le dernier kilomètre génère de la pollution, du trafic et des nuisances sonores. Optimiser le post-acheminement c’est aussi envisager des solutions logistiques plus durables qui s’avèrent souvent autant écologiques qu’économiques, telles que :
- la mutualisation ou les livraisons groupées ;
- la consolidation des flux ;
- les vélos-cargos (cyclologitique) ;
- les véhicules électriques.
La RSE (Responsabilité sociétale d’entreprise) inclut aussi un aspect social. En ce sens, la logistique urbaine se doit aujourd’hui d’améliorer les conditions de travail des livreurs et opérateurs :
- optimiser les tournées pour limiter les heures supplémentaires de conduite ;
- diminuer les efforts physiques grâce à une meilleure répartition des charges et à l’usage d’équipements adaptés ;
- favoriser des modèles d’emplois plus sécurisants.
Digitalisation des flux logistiques et informationnels
Le dernier kilomètre pâtit souvent d’un manque de visibilité : difficultés à tracer les colis, à anticiper les délais, à synchroniser les rendez-vous entre hubs, prestataires, entrepôts et clients finaux. Avec les technologies actuelles (TMS, suivi en temps réel, alertes, planification intelligente), il devient possible d’industrialiser la traçabilité, d’optimiser les tournées, d’éviter les inefficacités et d’améliorer la performance globale de la supply chain. Cet enjeu devient prioritaire pour les entreprises soucieuses de coûts, de qualité et de RSE.
Les principaux types du post‑acheminement : 4 cas d’application
Le post-acheminement ne s’arrête pas au simple « dernier kilomètre ». Il en existe différentes formes qui varient selon le mode de transport utilisé en amont et la nature des marchandises.
Post-acheminement maritime : du port à l’entrepôt, puis au client
Le transport maritime implique un post-acheminement particulièrement structuré. Une fois les conteneurs débarqués, viennent :
- les étapes de dédouanement, souvent déterminantes pour éviter retards et coûts additionnels ;
- le transit vers une zone logistique portuaire ou un entrepôt de cross-docking pour dégroupage et réaffectation ;
- avant que la marchandise soit transportée par route, rail ou barge selon les axes multimodaux disponibles.
En résultent des défis majeurs qu’il est fondamental d’anticiper dans la planification du transport global :
- la coordination entre armateurs, manutentionnaires, douane et commissionnaires de transport ;
- la conformité des démarches et documents douaniers ;
- la gestion des pics de volumes ;
- la fluidité du transbordement ;
- la disponibilité des créneaux de retrait (slots).
Naturellement, le moindre ralentissement portuaire impacte directement la livraison finale.
Post-acheminement aérien : de l’aéroport au client
C’est l’exigence de rapidité qui distingue le post-acheminement aérien. Il est particulièrement utilisé pour :
- les produits sensibles (médicaments, pièces critiques, électronique) ;
- les flux e-commerce express ;
- les marchandises à forte valeur ajoutée ;
- les pièces de remplacement industrielles ou automobiles ;
- les aliments aux DLC très courts.
Dans ce cas, la vitesse du transport principal entraîne une pression accrue sur les opérations au sol : déchargement, contrôle de sûreté, traitement de chaque document de transport, passage douanier, puis acheminement immédiat vers le hub ou le client.
Ici, le rapport rapidité/coût est déterminant pour assurer la rentabilité de la livraison. Les volumes sont plus faibles qu’en maritime, mais les exigences de synchronisation sont élevées. Le moindre retard dans les premières heures post-atterrissage de l’avion peut compromettre la promesse de livraison.
Post-acheminement terrestre : hubs, relais régionaux et dernier kilomètre
Le TRM (Transport routier de marchandises) concentre l’essentiel de la logistique du dernier kilomètre. Il inclut :
- les hubs nationaux où les flux sont triés et redistribués ;
- les entrepôts de stockage régionaux ou de proximité ;
- les tournées de livraison en zone urbaine, périurbaine ou rurale ;
- l’intermodalité rail/route (fret ferroviaire + livraison locale).
Il s’agit du segment le plus exposé aux aléas et celui où la performance finale est réellement perçue par le client. Or, il fait face à des enjeux majeurs :
- congestion urbaine ;
- restrictions de circulation en centres-villes ;
- occupation du domaine public ;
- montée en puissance de la cyclologistique et des véhicules zéro émission ;
- coordination avec les plateformes e-commerce ou B2B.
Focus : le transport combiné et l’intégration du post-acheminement
Le transport combiné (rail/route, barge/route, voire maritime courte distance/route) prend de l’importance dans une logique RSE et de maîtrise des coûts. Dans ce schéma :
- la majeure partie du trajet se fait via un mode massifié et bas-carbone ;
- le post-acheminement intervient en amont et en aval pour assurer le maillage entre plateformes multimodales, terminaux ferroviaires, ports secs, entrepôts, zones logistiques et clients finaux.
L’efficacité du transport combiné dépend directement de la qualité du post-acheminement : ponctualité des correspondances, capacité de chargement/déchargement, coordination documentaire, systèmes digitaux partagés (ETA, tracking, TMS).
Quand ces conditions sont réunies, le post-acheminement devient un levier puissant pour :
- réduire les coûts sur longue distance ;
- diminuer l’empreinte carbone ;
- fiabiliser les flux ;
- absorber les variations saisonnières.
Comment optimiser ses flux post‑acheminement ?
Grâce aux bonnes pratiques opérationnelles et à la digitalisation, il est possible de renforcer la performance du dernier kilomètre. Voici nos 6 meilleurs conseils !
1. Sélectionner le mode de transport le plus adapté au dernier kilomètre
Optimiser le post-acheminement commence par le choix du bon mode de transport, en fonction :
- de la zone desservie (centre-ville, zone périurbaine, rural) ;
- des volumes et de la fréquence ;
- du niveau d’urgence ;
- des contraintes environnementales ou réglementaires (horaires, accès, infrastructures, etc.).
Camion léger, VUL, vélo-cargo, utilitaire électrique, transport mutualisé ou ligne ferroviaire locale avec rupture de charge… chaque type de véhicule a un impact direct sur les délais, les coûts et l’empreinte carbone.
2. Planifier et synchroniser les opérations entre pré-, principal et post-acheminement
Vous l’aurez compris, la performance du dernier kilomètre dépend fortement des étapes précédentes. Pour éviter tout retard ou surcoût, il faut :
- coordonner les heures d’arrivée sur hub et les créneaux de livraison ;
- utiliser des ETA fiables pour planifier les tournées ;
- réduire les ruptures de charge inutiles.
- optimiser les itinéraires pour réduire les kilomètres parcourus, les replanifications et les trajets à vide.
3. Anticiper les formalités douanières et les contraintes géographiques
Selon l’origine des flux, plusieurs facteurs doivent être anticipés :
- la clearance douanière (aérien, maritime) ;
- les contrôles de sûreté ;
- les restrictions d’accès urbain, notamment les horaires de livraison ;
- les contraintes topographiques (zones piétonnes, centres historiques).
Il est utile de produire un dossier documentaire conforme, afin de fluidifier la sortie des terminaux et de limiter les immobilisations coûteuses.
4. Digitaliser la visibilité, le suivi et les indicateurs de performance
Aujourd’hui, la digitalisation et la data-logistique deviennent indispensables pour sécuriser le dernier kilomètre. Avec les bons outils, il est possible de mettre en place :
- du tracking temps réel pour suivre chaque étape ;
- des alertes automatisées en cas de retard ou d’imprévu ;
- des tableaux de bord logistiques pour analyser taux de service, coûts, taux de remplissage et performance transporteurs ;
- des applications mobiles livreurs pour optimiser les tournées ;
- une visibilité fine pour ajuster instantanément les opérations.
5. Choisir des prestataires spécialisés avec une capillarité locale
L’efficience du dernier kilomètre repose sur la capacité d’un prestataire à couvrir efficacement une zone. Quelques critères sont à considérer pour le choisir :
- un réseau dense de hubs et micro-hubs ;
- une flexibilité notable pour absorber les pics d’activité ;
- la maîtrise des livraisons urbaines ;
- la capacité à gérer des commandes à la fois en B2B et en B2C.
Dans cette optique, les opérateurs spécialisés dans le post-acheminement apportent l’expertise, la réactivité et les solutions adaptées aux contraintes urbaines, notamment en cyclologistique ou en véhicules légers.
6. Intégrer les leviers RSE : éco-transport, consolidation et réduction des impacts
Ces pratiques améliorent non seulement l’impact environnemental, mais aussi la rentabilité du dernier kilomètre :
- favoriser la massifier les flux (groupage, mutualisation) ;
- réduire les kilomètres à vide ;
- privilégier les modes bas-carbone (vélo-cargo, véhicules électriques, rail)
- implanter des hubs urbains réduisant les distances finales ;
- former les opérateurs aux bons gestes et les livreurs à l’éco-conduite.
L’approche Shiptify pour maîtriser votre post‑acheminement
Chez Shiptify, nous combinons notre TMS, conçu par des logisticiens pour des logisticiens, à notre solution de prise de rendez-vous quais, Shiptidock, pour :
- rassembler tous les acteurs (chargeur, transporteurs, entrepôts) sur une plateforme unique ;
- gagner en visibilité et en réactivité : chaque étape logistique est suivie en temps réel ;
- réduire les coûts et les inefficacités : optimisation des tournées, limitation des attentes, suppression des trajets à vide, meilleure allocation des ressources ;
- améliorer la qualité de service : respect des créneaux, traçabilité, réduction des erreurs, délais fiables ;
- faciliter l’échelle, la modularité et l’accessibilité : que ce soit pour une PME ou un grand groupe, la solution s’adapte, se déploie rapidement, sans investissement IT massif.
Pilotez vos flux amont-aval avec le TMS collaboratif Shiptify
Le TMS Shiptify est un logiciel cloud accessible aux PME, ETI et grands groupes, puisqu’il s’adapte à vos besoins. Il centralise tous vos transporteurs et vos flux (mer, air, route, rail, messagerie) dans une seule interface.
« En quelques jours nous avons pu faire travailler dans le même outil des équipes entrepôt, des collaborateurs en magasin et des partenaires transport. Le reflet d'un outil qui répond simplement à de vrais besoins opérationnels. »
Geoffroy Directeur Supply Chain chez Think tanks, utilisateur du TMS Shiptify.
Shiptidock : organiser les rendez-vous et fluidifier les quais
Shiptidock est notre système de gestion des quais et des rendez-vous transport. Il permet :
- la prise de RDV en ligne par les transporteurs en toute autonomie ;
- un planning de quais collaboratif, mis à jour en temps réel ;
- un suivi précis des arrivées, départs et temps d’attente, utile pour mesurer et améliorer la performance.
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quel est le meilleur mode de transport pour le dernier kilomètre ?
il n’existe pas de type de transport idéal : ce choix dépend de la zone de livraison, du volume, du délai et des contraintes environnementales :
- en ville : vélo-cargo, utilitaire électrique ou livraison mutualisée.
- en périurbain : vul ou petit porteur.
- en b2b lourd : camion léger ou solutions rail-route avec rupture de charge proche du client.
le meilleur mode est celui qui minimise les coûts et les émissions carbone, tout en respectant les délais.
comment le transport multimodal améliore-t-il le post-acheminement ?
le multimodal combine les atouts de chaque mode (rail, route, maritime, aérien). il permet :
- de réduire les coûts (moins de route longue distance) ;
- de fiabiliser les délais grâce à des itinéraires plus stables ;
- de diminuer l’empreinte carbone ;
- d’augmenter la résilience en cas d’aléas (bouchons, restrictions urbaines, météo).
quels documents sont indispensables pour un post-acheminement sans blocage ?
les documents de livraison dépendent de l’origine du flux et du pays de départ, mais les principaux sont :
- la lettre de voiture / cmr ;
- le bon de livraison ;
- les documents douaniers (dau, facture commerciale, packing list, certificat d’origine) en cas de transport international ;
- les documents de sûreté pour l’aérien ;
- l’accès au créneaux logistiques (rdv quai, codes d’accès, instructions spécifiques) ;
- les coordonnées du destinataire et les informations de contact pour éviter les échecs de livraison.
quels sont les critères pour choisir un prestataire logistique fiable pour le dernier kilomètre ?
pour sélectionner un prestataire performant, évaluez :
- sa capillarité locale (hubs, micro-hubs, couverture urbaine) ;
- ses modes de transport et équipements disponibles (vélo-cargo, électrique, vul) ;
- sa capacité à absorber les pics (saisonnalité, e-commerce) ;
- la qualité de suivi (tracking, eta, preuves de livraison) ;
- son engagement rse (émissions, mutualisation, optimisation des tournées) ;
- la fiabilité de ses services logistiques (taux de livraison à l’heure, retours, litiges) ;
- sa transparence tarifaire.

